LA VIE VEUT ELLE LA VIE ?

Contribution à une histoire de la phénoménologie de la vie et a ses corollaires provisoires:

l'industrie, l'architecture et la publicité.

 

 

 

Le passage de l'humanité par cette sensation de "finitude du monde" est provisoire. Les civilisations portent en elles ce besoin d'expansion, de découverte de l'inconnu et si la densité d'êtres vivants est encore amené à croître sur la planète, c'est dans la persistance de l'énergie vitale que nous devrons nous employer à  définir et à mâitriser nos philosophies plutôt que de nous morfondre sur l'impasse des religions provisoires ou de la (re)production des marchandises fétiches. Aucune promesse d'ailleur meilleur ne tient mieux qu'un ici et maintenant dont les expressions de joie rayonnent à minima d'un pôle de la planête à l'autre sinon jusqu'aux confins d'un univers qui nous a nouri et jusque là protéger.

"Nous" nous sommes donner ces derniers millénaires les moyens d'une évolution physiologique qui permet d'en faire le constat historique et scientifique. L'évolution de la vie sur cette planète semble le montrer: l'humanité s'est doté des moyens d'en obtenir la conscience. Une conscience encore parcellaire et qui prétend pour le moment privilégier l'importance sinon la domination du Moi solitaire; un égocentrisme enfantin, une sorte d'adolescence de la vie terrestre comme un reste de soustraction ou de division isolé du Tout. Chaque civilisation a connu au gré de ses obscurantismes des degrés variables de cette connaissance d'observation mais la somme philosophique, médicinale, scientifique et architecturale tend vers l'unité et la cohérence d'un tout, même si celui-ci ne se démontre que par l'agencement des incohérences provisoires et cahotiques sans cesse remises en cause.

Au soit-disant sommet de la volonté de puissance désormais ressentie en conscience, ce désir aléatoire d'autonomie des individus sexués se trouve régulièrement à contretemps d'un idéal espéré. C'est une sorte de valse hésitation entre la vie et l'humanité qui cherche sa survie dans l'anarchie des moyens qui tendent a son accomplissement.

Dans l'humanité, le mâle, pourtant généralement élevé par la femelle, s'impose souvent comme un dominant revenchard dans les signes de son apparaitre. Il n'a pourtant de cesse d'imiter dans sa quête d'autonomie les modalités symbolique de la reproduction et de la tension liée à l’apparente séparation d’avec l'autre sexe.

Il pratique depuis longtemps déja une sexualité normative et encadrée dont les variations intimes ou même publiques sont de facto cataloguées comme déviances anormales et immorales. Chacun le sait. Il aura fallu des preuves scientifiques pour re-découvrir à l'insu de nos sensations refoulées depuis des siècles que nous portons, à quelques majorités plus ou moins silencieuses les attributs des deux sexes jusque dans les tréfonds de notre structure cellulaire. 

Notre être, pétri de ce principe originel, se retrouve omniprésent dans les symboles organiques de la production des objets. La représentation de la reproduction se perpétue dans les variations de chaque civilisation mais la mise en œuvre de ces formes préside aussi et partout à l'histoire du travail : 

Son expression se retrouve dans les fonctions de toute la production artisanale, industrielle, et artistique. Nos langages, nos philosophies, nos sciences n'échappent certainement pas aux mêmes objectifs de cette vie qui semble se vouloir elle même dans l'apparence qui est la sienne et dans la publicité de sa prolifération. A ce stade pourtant une part non négligeable d'entre nous travaillent certainement bien moins à la survie de l'espèce qu'à entretenir une quasi totalité d'individus aveugles de leur schizophrénie (1) avancée.

Pourtant c'est bien la séparation de notre conscience avec la réalité de nos êtres qui semble avoir générer cette production de symboles comme des étendards garants de notre survie et du beau miroir dont nous ne nous lassons pas. Cette idée fatalement tanatophile de la séparation du corps et de l'âme a produit son lots de passions tristes mais toujours surcompensées par l'exitation à tantôt cacher et punir ou vanter et representer ses conditions de reproduction. (Les passions gaies majoritairement vaincues ne sont pourtant pas la seule expression alternative d'un élan vital superieurement...) . Equilibre? Certainement ! Vingt siécles sous l'empire encore croissant des vainqueurs aux riches armoiries de la pulsion de mort n'ont pas anéanti l'élan vital de la matière et des tenants d'un édonisme cosmique régulièrement vaincu.

La conscience individuelle est limitée par des règles collectives érigées en rempart des sensations  ressenties de la vie - Inconscient individuel ----------------- déversoir des refoulements organisés par la collectivité - Inconscient collectif féodal, gardien de la conscience oubliée de l'être cosmique - A re-vérifier sans tarder, il est bien clair que ce sont les puissantes forces collectives de nos religions, sacrées ou politiques qui nous reconduisent invariablement dans le cycle de la guerre, de la folie, de la thanatophobie (2) comme une sorte de menstrues (3) collectives en attendant le regain suivant.

Les intervalles, de crises et d'harmonies entremêlées, de la sexualités humaines se conjuguent avec les autres composants de la vie : animaux, végétaux, minéraux, gaz, cosmos… Cette alternance, plus ou moins bien ajustée au contenu des idéologies (4) socialo-religieuses bat la mesure de la marche errante des humains, tantôt dans la lumière, tantôt dans les ténèbres.

La peur guide encore majoritairement l'évolution des vivants. Le rapport et l'état des forces identifiées montre que nous ne sommes encore pas parvenu au stade où le monde des idées conscientes puisse influencer un phénomène vital ; il ne fait qu'en dessiner les décors successivement provisoires. L'idée d'un bonheur lointain n’est qu’une des composantes de ces variables d'ajustement. Cette idée est largement exploitée dans le rapport dominant/dominé pour le plus grand bénéfice de la subordination (5) des uns par les autres. 

Les individus les plus avancés dans la sophistication de la pensée, état plus ou moins ressenti comme révélé, sont les futurs chefs élevés et spécialisés dans l'auto-jouissance d'un micro pouvoir qu'ils pensent avoir sur eux-même. Tenter son règne sur les autres correspond certainement à un besoin de quiétude rassasiée. Il semble alors à chacun ou en bandes organisées, opportun de tenter la chance d'obtenir ce pouvoir. Situation rendue possible par l'organisation plus ou mains totalitaire de l'uniformisation des modes de vie alentours.

Les micro-pouvoirs totalitaires en famille ou au bureau sont les modalités de la vie quotidienne la plus répandue.

Les violences individuelles ou collectives qui découlent de l'insatisfaction à la maîtrise de cette puissance de la vie qui se veut elle même, restent encore très majoritairement insurmontables. Elles conduisent aux meurtres, aux suicides, à la maladie, aux guerres, aux révolutions, à de nouvelles idéologies, mais aussi à de nouveaux états de conscience salutaire.

A suivre !

 Notre Dame de Paris

Selon le dictionnaire TLFI (Trésor de la Langue Française informatisé)

http://www.cnrtl.fr/dictionnaires/modernes/

(1) - Psychose chronique caractérisée par une dissociation de la personnalité, se manifestant principalement par la perte de contact avec le réel, le ralentissement des activités, l'inertie, le repli sur soi, la stéréotypie de la pensée, le refuge dans un monde intérieur imaginaire, plus ou moins délirant, à thèmes érotiques, mégalomanes, mystiques, pseudo-scientifiques (avec impression de dépersonnalisation, de transformation corporelle et morale sous l'influence de forces étrangères, en rapport avec des hallucinations auditives, kinesthésiques). Le trouble essentiel de la schizophrénie est constitué par la perte de contact vital avec la réalité (...). Un déficit spécifique d'ordre pragmatique en résulte (...). Les troubles de l'idéation, de l'affectivité et des manifestations volitionnelles, dont Bleuler fait les symptômes élémentaires de la schizophrénie et dont le caractère principal est la discordance, se laissent déduire aisément (E. Minkowski,La Schizophrénie, 1927, p. 236):

(2) - Freud [ qui n'était pourtant pas normand mais d'avantage adepte de l'eau tiède sans pour autant renier les injections d'eau glacée dans l'urètre de ses patients ] [ soit-disant ] montré (...) comment les pulsions de vie (Éros) et les pulsions de mort (Thanatos) peuvent fonctionner de façon autonome ou, au contraire, converger vers un même objet et se mélanger intimement dans des proportions variables (Sill.Psychol.1980, s.v. pulsion). 

(3) - Dissolvant des corps solides, excipient liquide.C'est [la bile] une humeur très-active, très stimulante, agissant comme menstrue énergique sur les sucs alimentaires et sur les autres humeurs, imprimant aux solides des mouvements plus vifs et plus forts (Cabanis, Rapp. phys. et mor., t. 1, 1808, p. 373). menstrue substantif féminin «liqueur propre à dissoudre les corps solides» (Petit traité d'alchimie, éd. Méon, 822). Ce dissolvant a été ainsi nommé par les alchimistes à cause de la vertu dissolvante qu'on attribuait autrefois au sang menstruel. emprunté au latin menstrua «menstrues», pluriel neutre de l'adj. menstruus «mensuel»

(4) - Historiquement, [le terme] est entré dans la réflexion sociale avec le marxisme qui lui a donné tout de suite un sens péjoratif, l'idéologie est le contraire de la science. Elle se présente d'abord comme une vision du monde, c'est-à-dire une construction intellectuelle qui explique et justifie un ordre social existant, à partir de raisons [pseudo] naturelles ou religieuses... Mais cette vision n'est en réalité qu'un voile destiné à cacher la poursuite d'intérêts matériels égoïstes en renforçant et étendant la domination d'une classe de privilégiés. L'idéologie est donc une superstructure de la société dont elle émane et qu'elle soutient… Golfin 1972.

(5) - État d'une personne qui est soumise à l'autorité de quelqu'un à qui elle doit rendre compte de ses actes notamment dans une organisation hiérarchisée. Toujours en état de subordination et parfois d'humiliation sociale, l'homme de condition modeste mûrit très tôt un complexe d'infériorité qui l'embarrassera toute son existence durant (Mounier,Traité caract., 1946, p. 89)

 
Pierre-Alexandre GIRAUD - 15 février 2014
Modifié le 25 septembre 2016
 

Dernières news

  • MON LAPIN, MA CAILLE, MA BICHE, MON CANARD ...

    Un jeune mèdecin...

  • L'ennemi est bête, il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui

     Pierre Desproges

     

  • Les bataillons du silence

  • Cerveau reptilien quand tu nous tiens

    Ne perdez pas une occasion de concourir à la révélation des obscurantismes,

    les graines de vie écloront sur le fumier des peurs jadis célèbres.

  • MAGRITTE - Les amants - 1928

    En 1928 Magritte inventait sans la nommer une burqa unisexe pour son célèbre tableau "Les amants"...

    Il suggère là toute l'ambiguïté des relations amoureuses dans notre civilisation. Les salafistes, moins surréalistes détourneront la tradition vestimentaire afghane et celle des talibans en particulier qui ne comportait pas traditionellement cet accessoire qui oblitère le regard. Ils ne l'imposeront finalement que de façon radicale vers les années 1990 dans un coloris plus sombre... et seulement aux femmes ! Quelle silencieuse et constante audace érotique !

  • Une chimère...

    L'homme équitable prend moins que son dû...

  • 1771 Année protestante

    Une chance...

  • One shot

     

    One shot n°01 L'expression graphique que révèle ce tracé réunit en moi l'encrier, la bouteille, l'encre, le pinceau, le chiffon, le papier, la table, une posture, une respiration, une pensée qui s'organise intérieurement... 

  • Bonjour

    Bienheureux de vous accueillir à la lecture de ces quelques pages.

    Vous y trouverez en vrac...

  • Tout voir...